samedi, avril 08, 2006

Vélorution


Lors de l'invasion des Champs Libres, la semaine dernière, la manifestation a croisé une "vélorution", important groupe de cyclistes, qui devait à terme se diriger vers le village alternatif de la place du parlement. Il faut avouer que, au delà de la différence d'impact sur l'atmosphère, qui nous obsède tous, la bicyclette possède un avantage non négligeable sur la bagnole : il est beaucoup moins sensible à la présence d'une émeute. La vélorution passera-t-elle par par les armes ?

mardi, avril 04, 2006

Bavure











Ce qui est surprenant, au fond, c'est que les émeutes aient fait si peu de blessés. On n'en est pourtant pas passé loin cet après midi, quand un CRS a réussi l'exploit de projeter sa grenade lacrimogène à l'intérieur d'une voiture qui passait par là. Le lacrimogène projectile a tout de même pulvérisé la vitre, ce qui a amené un certain nombre de gens à cette réflexion : "Et s'il y avait eu un bébé à l'arrière ?". Quoi qu'il en soit, une innocente Renaut 5 participe aujourd'hui des dommages collatéraux de la lutte anti-CPE. Ca aurait au moins pu tomber sur une Mercedes.

Ensauvagement



Les émeutes ayant suivi la manifestation du 4 avril à Rennes ont été particulièrement longues et violentes. Si le parcours est resté assez classique, on a pu par contre observer une nette augmentation du nombre de "casseurs purs", venus dans le but avoué de démolir tout ce qui passe à portée de leurs Kros. Je ne dis pas, loin de là, qu'ils représentaient la majorité des émeutiers. Mais il est clair qu'a lieu un certain ensauvagement, expression d'un mal de société visiblement important et sous-estimé, pour faire de la sociologie de cuisine.

samedi, avril 01, 2006

Crispation


La déclaration de Jacques Chirac, vendredi soir, n'a pas apaisé les étudiants ; cela aurait été surprenant. Devant ce qu'il est légitime d'appeler une provocation, les manifestants ont aujourd'hui organisé une "journée d'action", dans le but -illusoire ?- de se faire entendre et de maintenir leur mouvement en vie. L'action en question a consisté a bloquer plusieurs centres commerciaux, puis le nouveau bâtiment culturel rennais, Les Champs Libres. Lors de la dernière tentative d'invasion, les étudiants se sont retrouvés face à des employés municipaux quelque peu désemparés, faisant même preuve d'une certaine brutalité. Durant une petite heure, les manifestants ont tenté de forcer le barrage, avant de quitter les lieux. Le risque de violence est sensiblement plus élevé chez les individus soumis à une humiliation.

vendredi, mars 31, 2006

Démocratie



Dans le vif débat entre pro- et anti-bloqueurs d'universités, la démocratie est certainement l'argument le mieux partagé. Selon les partisans du blocage, les assemblées générales sont souveraines, et l'on se doit d'appliquer la volonté de la majorité votante ; selon leurs adversaires, il existerait une "majorité silencieuse" non présente lors de ces votes qui serait favorable à une reprise des cours. Cette dernière opinion me semble, si je puis donner mon avis, quelque peu bancale : si depuis six semaines sans cours à Rennes 2, les anti-blocage ne vont toujours pas voter aux assemblées, il me semble que l'on peut douter de leur motivation. Ce qui reste certain -dans la mesure où l'on fait confiance aux instituts de sondage- c'est que deux français sur trois désirent la suspension du contrat première embauche. Démocratie ?

jeudi, mars 30, 2006

Dérision



Suite à l'occupation de la gare, un cortège s'est formé, se dirigeant vers la rocade dans le but de la bloquer. En tête de la manifestation, la "brigade playmobile" a entamé une nouvelle phase du conflit : la Lutte Armée Comique. Imitation des CRS d'un réalisme confondant (on s'y serait cru lors de leur attaque fictive des bloqueurs du lycée Zola) cette armée de carton a tenté de ramener une dose d'humour dans le conflit, ce qui procure un léger soulagement dans le climat de tension qui règne actuellement. Malencontreusement, à l'heure où j'écris ceci, le conseil constitutionnel vient de valider la loi, et ce sont les manifestants qui vont avoir le sentiment d'être ridiculisés. Ce qui est rarement bénéfique.

mercredi, mars 29, 2006

Pourrissement


La stratégie du "pourrissement" qui semble avoir été adoptée par le gouvernement pourrait fonctionner dans le cas des blocages d'universités, mais il est beaucoup moins sûr que les casseurs arrêtent par fatigue. On observe au contraire une affluence de plus en plus forte aux émeutes, et il est évident que ces événements sont une attraction pour de nombreuses personnes.

UMP





L'élément déclencheur de l'affrontement manifestants/CRS est toujours l'approche par le cortège du local de l'UMP. A cet instant débute un face à face entre les casseurs et la police, le gros des manifestants restant comprimé à distance de l'affrontement dans le boulevard de la liberté. Lors de la charge (qui a généralement lieu au bout d'une demi-heure), la foule s'enfuit à travers ce boulevard et fuit vers la place de Bretagne. Un certain nombre d'arrestations ont lieu lors de cette fuite, où la panique provoque de nombreuses chutes.

Arrestations


Un peu plus d'une dizaine de manifestants sont arrêtés à Rennes chaque jour d'émeute. Les arrestations sont généralement le fait de la Brigade Anti Criminalité (BAC) dont les agents sont rapides et armés de flashballs. S'il s'agit la plupart du temps d'arrêter un casseur repéré, il arrive souvent que les agents de la BAC courent sur un groupe suspect et attrapent ce qui leur tombe sous la main.

Pacifisme


Le pacifisme affiché du "village alternatif", ou "Pré-K-Rité", installé place du parlement n'a pas empêché les CRS de charger les étudiants présents, violemment et sans sommation.

Gaz


Très efficaces lors des premières émeutes, les gaz lacrimogènes perdent de leur effet à mesure que les manifestants s'habituent et s'équipent de foulards ou de masques, parfois assez évolués. C'est peut-être la raison pour laquelle les CRS en lancent désormais un nombre très important à la fois. La place du parlement ayant la particularité d'être couverte de graviers, les manifestants ont pris l'habitude d'enterrer les capsules lacrimogènes à leur arrivée, supprimant entièrement leur effet en ce lieu.

Flashball


La nouvelle arme introduite par Nicolas Sarkozy dans les forces de police est, il est vrai, assez redoutable. L'usage en est assez fréquent, et souvent efficace. Il semble que les CRS visent plutôt les jambes, mais les balles ont tendance à taper un peu n'importe où.

Charges



Les charges de CRS sont assez peu fréquentes, mais ont un effet considérable sur la foule. La plupart du temps, les fuites générales ne reposent d'ailleurs que sur la simple rumeur d'un mouvement policier. Il faut préciser que les forces de l'ordre ne font pas dans le détail, et que tout individu à portée de main est nécessairement un dangereux casseur.

Dégradations


Les émeutes s'accompagnent bien entendu de dégradations. Elles restent cependant limitées, à Rennes en tout cas. Les vitres des abribus, quelques panneaux et de rares vitrines sont endommagés. Il est à noter qu'une voiture a été renversée, puis, par remord sans doute, replacée sur ses roues.

Projectiles


Les projectiles ne représentent, dans les faits, qu'une gêne minime pour les CRS. Généralement lancés largement à côté de leur cible -avant de lancer une Kro, il faut la boire- il est très rare qu'ils s'écrasent sur des policiers, de toute façon largement protégés.

Poubelles


Les poubelles constituent le principal outil des manifestants. Facilement déplaçables, elles permettent la création rapide de feux et de barricades, ralentissant sensiblement les CRS.

Casseurs


Les casseurs ne sont pas -à Rennes en tout cas- uniquement des jeunes de banlieue désoeuvrés. Pour la plupart, ce sont des étudiants manifestant qui mettent simplement un foulard et une capuche. Leur violence a généralement une réelle origine politique. Toutefois, un nombre croissant de "vrais" casseurs est présent lors des émeutes. Leur activité consiste à boire des kros puis à les jeter, dans le meilleur des cas, sur la police.

Actions



L'assemblée générale de Rennes 2 avait décidé que la manifestation se déroulerait "dans les quartiers populaires", c'est-à-dire dans la Zup sud de Rennes. Défilé entre, à gauche, des immeubles sans vie et, à droite, une succession d'agences d'intérim. Ces agences sont couvertes de peinture -et quelques journalistes avec elles- puis le cortège se dirige vers la direction de l'emploi et de la formation professionnelle. Le bâtiment est envahi durant une heure, sans heurts particuliers, et décoré de la même manière que les agences d'intérim.